Merci d’être velu !

Cachez ces femmes que nous ne saurions voir. En 2016, dans l’art, exposer des oeuvres d’artistes femmes relèvent encore et toujours de l’avant-garde. Bien loin de l’imaginaire libertaire et précurseur de la sphère artistique, la création a un sexe et il est masculin.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes, seules 19 femmes font parties des 500 artistes les mieux côtés du monde. Il ne s’agit pourtant pas d’une question d’effectifs. En École d’art, 60 % des étudiants en moyenne sont des étudiantes.

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Mais une fois entrées dans le monde du travail le rapport s’inverse et un constat s’impose, les hommes détiennent le monopole des pinceaux. Muses, égéries, icônes, si les femmes sont souvent représentées elles sont bien plus rarement représentantes. La faute à la sacro-sainte trinité institutions-artistes-collectionneurs qui continue de creuser le fossé entre les deux sexes.

De là à dire que les femmes sont dépourvues de toute forme de talent, il n’y a qu’un pas que les musées franchissent allègrement. Si l’on zoome sur les collections permanentes du Centre Pompidou, l’on y trouve 5 % de femmes seulement. Même tableau outre-atlantique, avec un score de 4 % pour le Metropolitan Museum of Art (MET). Qui a dit que culture rimait avec ouverture ?

Portées aux nues  

Les oeuvres des femmes artistes se doivent, en outre, de comporter plus qu’une simple dimension picturale. Celles exposées s’articulent bien souvent autour de thématiques revendicatives, féminisme en tête. L’exposition “Qui a peur des femmes photographes?” au musée de l’Orangerie en 2015, ou encore celle organisée par les Guerrilla Girls x La Barbe à la galerie MFC Michèle Didier s’inscrivent directement dans cette lignée.

Et ce ne sont pas ces quelques événements dédiés qui permettent de combler le déficit presque total de visibilité auquel les femmes font face et que personne, ou presque, ne remet en question. Entre le trop et le trop peu, l’art ne tranche pas. Loin d’être hermétique aux discriminations qui traversent notre société, il les reconduit voire les amplifie.

Dans l’art – comme partout ailleurs finalement –  les hommes composent et les femmes posent. Si l’on se penche du côté des “grands maîtres”, de Picasso à Manet en passant par Klein, la femme n’est qu’un corps, nu de préférence. Depuis toujours l’art perpétue le mythe de la femme objet. Et avec l’entrée dans la logique de marché à l’orée du vingtième siècle, celui-ci s’est mué en une véritable industrie du sexisme.

Et pourtant, il existe un génie féminin. De Barbara Kruger à Sophie Calle en passant par Orlan, toutes ces artistes créent, au même titre que leurs homologues masculins. Mais dans une société qui en 2016 refuse encore et toujours d’accorder aux femmes les mêmes droits qu’aux hommes, pas étonnant que l’art soit, lui aussi, en mâle de parité.

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