Le Street art en REHABilitation

6 étages, 100 artistes, plus de 12 000m² d’oeuvres conçues avec près de 3000 bombes de peinture. Ces chiffres donnent le tournis et portant, ce sont ceux de l’exposition Rehab2 qui s’est tenue durant 1 mois à la Cité universitaire de Paris devenue temporairement un lieu de pèlerinage du Street art.

N’en déplaise à certains, Rehab n’est pas un centre de désintox, mais bel et bien une réhabilitation d’un lieu promis à une prochaine rénovation, par des artistes, le tout à la sauce street art. En l’occurrence, le rendez-vous était donné pour cette deuxième édition organisée par le label Bitume Street Art et l’artiste Kesadi, à la Maison des Arts et Métiers de la Cité universitaire dans le 14e arrondissement de Paris. Durant un mois, cette maison REHABilitée fut donc le terrain de jeu et la rencontre improbable des univers de plus de 100 artistes différents. Sculptures, graffitis, collage, pochoirs ou des installations furent disposées sur les 6 étages que compte ce bâtiment utilisé comme logement étudiant.

Le résultat de cette escapade artistique est pour le moins déconcertant. L’immersion est totale et on déambule librement et sans attaches aux travers des pièces, couloirs, et escaliers revisités par des artistes comme Jo Di Bona, Jungle, Kesadi, Dante, Charline Poncet… Une porte, un carreau, une marche, un bout de plafond ou même une poubelle deviennent, durant un mois, une toile sur laquelle s’expriment ces artistes de tous bords. Quelques minutes suffisent pour passer du labo d’un savant fou dont les cuves inquiétantes sont peintes directement sur les portes des chambres, à une salle contenant un crâne gigantesque fait de grilles de plafond métalliques. À peine le temps de souffler, et après avoir grimpé un escalier illustré à la sauce « Sous l’océan » tout en évitant des kilomètres de bandes magnétiques, on déboule sur un embranchement à la sauce Matrix. Pilule bleue ou pilule rose ? Deux couleurs pour deux couloirs avec chacun la vision d’un artiste. 

Choose wisely. #rehab2 #streetart #paris #exposition #matrix #neowillrememberthis

A post shared by Martin Nolibé (@nolib_) on

Car en ce sens chaque visite est unique. S’il existe bien une visite guidée, on s’y plait vite à se perdre dans les méandres de ces couloirs bariolés et à y découvrir, ou redécouvrir, des fresques grandioses et des oeuvres en trompe-l’oeil. Ne pas lever la tête ou ne pas regarder le sol, c’est peut-être manquer une occasion de tomber face à une oeuvre ou un détail important. Fort de cette centaine d’univers qui se côtoient et s’enrichissent mutuellement, Rehab2 permettra à n’importe quel visiteur de trouver son compte. La diversité des artistes provoque aussi un certain côté « intergénérationnel » où enfants et parents s’émerveillent et échangent sur les différentes créations. Même si quelques oeuvres monopolisent l’attention (et les smartphones), le site regorge de secrets en tout genre et il fallait y passer de nombreuses heures afin d’y dénicher la perle rare. Chaque mur, chaque mètre carré de ce temple éphémère du Street Art, a pu tel un cadavre exquis grandeur nature, y dérouler ses histoires et ses rêves.

Bien sûr, un tel évènement témoigne encore une fois de la montée du Street art dans le paysage culturel français et des arts plastiques en eux-mêmes. Rehab2 est une des nombreuses preuves de la volonté des villes d’inscrire de plus en plus dans la légalité ce courant artistique au risque de le dénaturer de son essence même.

À l’heure où voir un bâtiment tapissé des photos de JR devient anodin et où des oeuvres de Banksy s’arrachent dans les ventes aux enchères, il est fort appréciable de voir une exposition de cette envergure, respecter à la fois la nature du courant par son côté éphémère et abordable puisque l’exposition était à prix libre. Si d’autres initiatives du même acabit en France sont aussi à souligner (comme « Le M.U.R » de Bordeaux), REHAB2 réussit son pari et si  troisième édition il y a, elle se fera attendre avec impatience.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

D’autres photos sur la page Facebook du photographe Jonk

Suivre Rehab sur les réseaux :
Site officiel 
Facebook 
Facebook de Bitume Street Art
Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s