Dusty Mush, réverbérations incandescentes au Shakirail

10712559_516120991824951_2773602842958403402_o

Dans la salle aux rideaux rouges et tuyaux apparents, à la lumière criarde des néons le public s’agite violemment. Une cinquantaine de personnes fourmillent à l’intérieur, tout autant à l’extérieur, ils boivent des bières, rient bruyamment. Le personnel garde les portes de l’entrée et ne laisse plus pénétrer personne. « 1200 likes sur Facebook on pensait que vous ramèneriez du monde! » clamait plus tôt le chanteur de Dr. Chan aux Dusty Mush . Et finalement ces likes ont tenu leur promesse car rien ne laissait présager une telle foule et l’inquiétude des gérants et des groupes se laissait lire sur leurs mines soucieuses face à un public peu affluent.

Cédric, Maxime et Romain forment le groupe Dusty Mush, ils viennent de Meulin et jouent ensemble depuis 2011, date à laquelle ils ont chacun commencé leurs instruments respectifs, à savoir la batterie, la guitare et la basse. Ce soir c’est au Shakirail, ancien entrepôt de la SNCF à Marx Dormoy que le groupe joue avec deux autres groupes de rock garage. Vers 16 heures ils installent leurs instruments et branchent leurs fils sur la scène tandis que l’ingénieur du son leur demande comment doit sonner leur musique. Cédric explique « C’est les instrus en preums, ça doit être punchy ». Concentrés, leurs fronts plissés, ils règlent leurs instruments et effectuent leurs arrangements. Le batteur se trompe sur l’une de ses requêtes « tuez-moi » il dit, embarrassé.

C’est le moment de prendre place autour d’une grande table, des grosses casseroles en métal y sont disposées. Les membres de Dr. Chan, Cannery Terror et Dusty Mush mangent un riz-curry à la bonne franquette partageant leurs anecdotes de concerts passés. Puis c’est autour d’un petit feu alimenté par l’autodafé d’anciens livres aux pages jaunies, sous les guirlandes du jardin, qu’ils boivent des bières et fument leurs cigarettes dont ils jettent les mégots dans les braises. Assis dans le froid, attendant le moment fatidique, Romain soupire « C’est trop long, j’en ai marre », ce à quoi acquiescent les autres.

Le public arrive. Elisabeth Hong originaire de Sydney et Michelle Cao de Seattle adorent le côté intimiste de l’endroit. Elles expliquent « C’est comme un rooftop ou un backyard chez quelqu’un, c’est très amical comme atmosphère ». La vue sur les trains qui passent et les immeubles éclairés est en effet chose très rare dans le nord-est de Paris.  

Vers 21h30 Cannery Terror envahit la salle d’un son psychédélique et tout le public bouge en rythme. La chaleur monte. Un peu plus tard les Dusty Mush commencent une sorte de grande ascension musicale démoniaque ponctuée des « Ouh » réverbérés du chanteur. Leur son est garage, lo-fi, électrique. Les riffs s’étendent, le fuzz rugit, leurs sons sont comme de longues distorsions Oh Seesiennes, qui est d’ailleurs une de leurs références. À la fin du concert Romain sort heureux bien qu’à bout de souffle “Et ouais l’ambiance fait tout!” me lâche-t-il, souriant.

Chayma Mehenna

Publicités

PhotoMath, progrès ou triche?

Photomath-2.0-camera-logo.jpg

 

La calculatrice était déjà une innovation d’une aide précieuse pour les étudiants comme les grands scientifiques. Mais Pascal en 1645 devait être loin d’imaginer le successeur à sa première machine à calculer, la fameuse pascaline. Des développeurs croates ont ainsi mis au point en 2014 une application, PhotoMath, qui résout toute équation prise en photo. Développée à partir de la technologie MicroBlink, qui permet la reconnaissance virtuelle, elle donne un résultat mais surtout la démonstration pour y parvenir, étape par étape. De quoi réconcilier aux maths les plus allergiques aux chiffres.

Incontestable avancée numérique, elle n’est pourtant pas au goût de tout le monde car elle rendrait la tâche bien trop facile aux étudiants, empêchant ainsi l’apprentissage. Si les parents à la masse face aux devoirs de leurs enfants sont ravis de l’aide qui leur est apporté pour la correction des devoirs, ils ne peuvent pas empêcher leur progéniture d’utiliser l’application à la place de leurs neurones. Devant cette controverse, les créateurs se sont défendus sur le site TechCrunch d’empêcher les étudiants de réfléchir.

Une récente mise à jour permettrait dores et déjà une reconnaissance manuscrite des équations. Il est aussi question de futures améliorations qui servirait aussi à résoudre les problèmes à partir de la photo d’un énoncé incluant donc la reconnaissance des mots. Face à tant de progrès, certains se demandent : à quand une application qui résoudrait les problèmes de coeur?