Minier, mine de rien

Derrière ses yeux clairs et son air décontracté se cache un maître de la peur. Rencontre avec Bernard Minier, écrivain de thriller qui entend bien renouveler le genre.

« Allez-y, dégainez » lance Bernard Minier d’un air crâne. Une chemise en jean ouverte sur un t-shirt à message, une barbe de trois jours et un sourire franc, l’écrivain de 56 ans semble avoir étudié les codes d’une démarche décontractée. Cette classe d’apprentis journalistes ont-ils aimé son roman ? Seront-ils provocants ou curieux, critiques ou caressants ? Il préfère éviter les mystères et plonge rapidement dans le vif du sujet : « alors, des questions ? ». C’est d’abord son parcours qui intrigue le plus. Après avoir été contrôleur des douanes dans les Pyrénées – terre natale dont il lui reste l’accent-, Bernard Minier est arrivé bien tard dans le monde du polard : « j’écris depuis très longtemps mais pas des histoires d’horreur. J’ai une passion pour la poésie et la science-fiction ». Passionné par la lecture, il fait des études « peu fructueuses » et se considère longtemps comme « un Kafka mineur », qui n’ose pas envoyer ses manuscrits à une maison d’édition, mais qui ne cesse d’écrire. Aventureux dans l’âme et nourri de milles bouquins, Minier part pour l’Espagne et vit une époque « à la Kerouac » qui mêle histoires noires et douces errances. De retour en France, il prend un poste dans l’administration, jusqu’à ce qu’un jour, il participe à un concours de nouvelles. Il obtient, non sans surprise le premier prix et « c’est là que tout commence ».

Sur l’autoroute de l’écriture 

Son premier roman Glacé, s’écoule dès la première année à quelques 45 000 exemplaires. Pas mal, pour un auteur qui a « tenté le polar complètement par hasard », comme un simple « exercice de style ». La recette est pourtant simple. Un héros médiocre mais attachant, un lieu à donner des frissons, un crime sanglant (« mais comme la viande, il faut que ce soit de bonne qualité »), un soupçon de sexe et trois bonnes louchées de morbidité. Tout est réuni pour capter l’attention du parfait lecteur de romans de gare. De la couverture bleue verglacée au titre concis et tranchant, Minier semble avoir élaboré le guide du parfait- nanar, « si ça marche tant mieux, sinon tant pis ». Etrange, pourtant, pour un homme qui rêvait d’être « Nabokov ou Gombrowicz » et qui confesse avec humour n’être « qu’un nain de plâtre à leurs côtés ». Lite de la littérature « blanche » et écrire des romans « noirs », cela existe. « Je relis beaucoup Thomas Bernhardt, Nakokov, Xavier Marias, Molino, Jonathan Coe… mais assez peu de romans policiers, finalement. » Alors, pourquoi écrire des polars ? « J’ai toujours été fasciné par les érudits car je ne suis pas du tout comme ça. Mais je suis aussi totalement attiré par les avant-gardes : le métal, les mangas… j’ai essayé d’incarner ces deux pôles. » esquisse l’auteur. Difficile à saisir, Bernard Minier semble jouer sur deux fronts. A lire ses romans, on croirait que derrière les lignes se cache un horrible bonhomme pétri de vices et fasciné par la violence. Pourtant, l’auteur a bien  quelque chose de résolument sympathique – et d’humain, oui.

« Au commencement était la peur »

Après Glacé, Minier se lance dans une nouvelle aventure et délaisse sa France natale pour inventer une fiction à l’américaine. « Je suis sur une espèce d’autoroute et j’essaie de faire en sorte que chaque roman soit différent » explique l’auteur qui semble aimer parler par métaphores. Une Putain d’histoire reçoit une critique positive de la part de la presse, ainsi que -cerise sur le polar- le prix Cognac du roman policier. L’histoire se situe sur une île du Pacifique – topos parfait pour un crime-, à une heure du continent. Le personnage principal, Harry, est un garçon de seize ans dont la petite amie est retrouvée noyée dans un filet de pêche. Le roman se déploie entre retournements de situations et complots glauques, scènes de violence et mimétisme d’un langage teenager. Pour l’auteur, l’important est de « provoquer des mots, des réactions ». Minier use ainsi à outrance du vocabulaire de la peur afin de susciter le frisson du lecteur – « livide, exsangue, désorienté, atroce, fiévreux et rauque » trônent ainsi sur la même page, sans douci d’hyperbolisme ni de kitsch lugubre. Si l’intrigue est bien ficelée, le résultat est pourtant un triste cliché surplombé d’un plot twist macabre qui décrédibilise toute indulgence éprouvée à quelques rares instants de lecture.

Le polar, une nouvelle Comédie Humaine

Pour écrire son roman, Bernard Minier a effectué un voyage à Seattle afin de mettre à nu la jeunesse américaine comme ses modèles, Mark Twain ou Salinger : « j’ai rencontré des shérifs, des adolescents ; je voulais aller à la source. Le langage que j’ai utilisé est celui que j’ai entendu et que j’ai lu. » Soucieux de se placer dans la tradition du roman policier comme Stephen King qu’il considère comme « le Balzac moderne », il développe alors une écriture qu’il juge « cinématographique ». En voulant imiter l’américain, Minier met pourtant à mal le langage. « Tu veux me faire croire que c’est une coïncidence : toi et tes potes qui déboulez chez nous, et quelques jours après, une descente de keufs ? Tu me prends pour un crétin ? » Phrases concises, jurons sauce américaine et langage « d’jeun’s », tout y passe : « aïe, suce ma bite connard » Elégant. Juste pour le plaisir : « Harry, tu es sûr qu’on est toujours amis ? Aussi sûr que tu les aimes avec des gros nichons, mon pte, j’ai dit ». Mine de rien, Minier s’est pourtant forgé un style qui a (plus ou moins) conquis le public hexagonal – et pas seulement. Glacé sera bientôt sur les écrans par Gaumont. L’auteur se dit reconnaissant et excité de voir ses personnages incarnés à la télévision.

Quand vient l’heure des bilans, l’auteur remarque : « après vingt-cinq ans de contrôleur des douanes, je suis content, j’ai acquis une assurance que je n’avais pas car en écrivant à son compte, on est plein de doutes ». Après une fiction en France et une autre en Amérique, le suspens vis-à-vis du prochain thriller est intact : « l’écriture m’excite toujours autant, mais il y a toujours un moment où on a envie de faire autre chose ». Soucieux de conclure en beauté, Bernard Minier clôt la rencontre sur un dernier conseil : « il faut être très exigent dans les grandes comme dans les petites choses ». Et pour les futurs écrivains, n’oubliez pas, « il faut se méfier des clichés ». Ah bon.

 

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Le cercle des références retrouvées

Bernard Minier, vous le connaissez sûrement. Au moins, de nom. Il est l’auteur – à succès – de nombreux polars impliquant le commandant Servaz, enquêteur fictif aux airs d’antihéros désabusé. Son premier roman, Glacé (2011), s’est récemment vu adapter en sérié télé par M6. A l’occasion de la sortie de son nouveau roman (Nuit, XO éditions, 2017), nous avons rencontré Bernard Minier autour du Cercle (2012), son deuxième roman.

 

Introspection policière

Le Cercle est un polar bien de chez nous. Ville imaginaire du Sud-Ouest, Marsac (« librement inspirée de Bagnères-de-Luchon », comme nous confie l’écrivain), est le théâtre d’un bien étrange meurtre. Claire Diemar, professeure de français, est retrouvée mutilée dans sa baignoire. Le commandant Servaz n’est pas vraiment chargé de l’enquête, et c’est malgré lui qu’il s’y trouve mêlé. Il est missionné par son ex-femme. Il doit innocenter Hugo, le fils de celle-ci, retrouvé hagard sur les lieux du crime. Le monde est petit : Claire Diemar enseignait dans le lycée de la fille de Servaz, Margot. Ce roman n’est pas tant une chasse à l’homme, une chasse au meurtrier fou, qu’une longue introspection du personnage principal. Plongé au cœur de la vie de sa fille, le commandant découvre que tout n’est pas rose au pays des lycéens. Métaphore signant l’éternelle incompréhension des adultes face aux codes forgés par leurs progénitures, l’astuce narrative patine parfois. Le kaléidoscope de pistes, de personnages, de sous-intrigues ne fait que masquer l’évidence : « tout coupable est timide », selon la maxime de Voltaire dans Sémiramis (1748). Huis-cloaque où se bousculent les bisbilles d’autrefois, la ville resserre son étau autour de Martin Servaz.

Hercule Poirot et le meurtre du RER C

Le Cercle est une sorte d’Orient-Express en plein air, d’où suinte la bonhomie bourrue d’un Servaz, en lieu et place du flegme d’un Hercule Poirot. La filiation entre Minier et Christie se fait plus subrepticement, elle se situe au niveau de l’intrigue. Minier n’a d’Orient-Express que le RER C qu’il fréquentait quotidiennement, lorsqu’il était douanier. L’écrivain originaire d’Occitanie tient également de Balzac. Dans sa volonté non de faire l’inventaire de toutes les scories, mais plutôt dans son entreprise un peu vaine, mais louable, de vouloir balayer le spectre de la société française, en représentant chaque minorité dans le roman. A force d’éviter de créer des personnages « bigger than life », les protagonistes finissent par n’être que ce qu’ils ont l’air d’être.

« Le genre, il faut le maltraiter »

La plume de Minier est trempée dans la cime : les paysages forestiers sont le lieu d’un drame plus flic que psychologique. Minier a tendance à se perdre dans les chemins parfois sinueux de l’écriture. Son style composite, pastichant le langage des jeunes, peine à convaincre. Ses sauts de langage sont parfois « aussi mal assortis qu’un taliban et une libertine », pour reprendre une (mal)heureuse formule tirée du deuxième chapitre. Minier reste fidèle à sa doctrine : le roman est un matériau malléable. « Le genre, il faut le respecter et en même temps le maltraiter », résume-t-il.

En revanche, l’éclectique « bande-son » du roman procède d’une grande cohérence interne. Elle plonge le lecteur dans un univers rock’n’roll et pop-culturel où se déploient lyrics de Marilyn Manson, Kings Of Leon et références à la série américaine Breaking Bad. « J’ai une écriture assez cinématographique », confesse-t-il d’ailleurs. Son autre influence ? « Le polar à l’américaine. Mais mon héritage, c’est originellement la littérature fantastique et la science-fiction ». Cela se ressent dans la matière même du roman, aux allures de thriller fantastique.  L’amateur de littérature à suspense n’est en effet pas en reste : un mystérieux fil rouge nous tient en haleine tout au long du roman. Respiration (haletante) dans le récit, ces interludes angoissants interrogent : qui est cette mystérieuse femme, retenue contre son gré ? Et quel est son rapport avec l’histoire ?

Réservoir-dock de pop-culture

Les puristes reconnaîtront par ailleurs en Julian Hirtmann, tueur psychopathe et meilleur ennemi de Servaz, le célèbre Hannibal Lecter (personnage créé par le romancier Thomas Harris). Références en creux, références explicites, tous les moyens sont bons pour dresser une carte exhaustive de la culture contemporaine, baignée dans la pop-culture (Breaking Bad) et dans la culture légitime.

Ce mélange des références culturelles, que les sociologues contemporains appellent « l’omnivorité culturelle » (Peterson), déborde l’intrigue et sous-tend la problématique du roman. Hirtmann, éduqué, ancien procureur de Genève, est amateur de Mahler, compositeur autrichien du XIXe siècle. Passion que nourrit également… le commandant Servaz. L’affrontement entre les deux personnages vire au choc des cultures : l’univorité culturelle représentée par Hirtmann, qui ne jure que par Mahler, contre l’omnivorité culturelle du policier, capable d’écouter (ou de supporter, selon le cas) nombre de genres musicaux. Géographie fictive, espace mental torturé, « Sud-Ouest fantasmé », il s’agit de « reconstruction, de syncrétisme du réel » selon l’auteur.

Ancien douanier, Minier n’hésite pas à faire passer des citations en contrebande. Son roman est saturé de références qui composent une ode au savoir, d’où qu’il vienne. Il cite dans la vie comme il cite dans ses romans : Nabokov, Hemingway, Borges, Kundera, Clive Barker. Pour le plus grand plaisir des collectionneurs de connaissances.

Vincent Bilem.

Onfray mieux de lire autre chose

Dans son dernier livre-fleuve, Décadence, Onfray charrie une histoire de l’Occident judéo-chrétien. Se voulant une philosophie de l’histoire, le pavé ne parvient pas à atteindre l’objectif. Malgré le nombre important de pages, on ne peut que se sentir submergé par le vide réflexif qui s’en dégage.

Passion accumulation

Il y a un style Onfray. Ses accumulations, que l’on pourrait prendre pour des envolées, se font, tout au long des pages, pesantes. Trop pesantes. A y réfléchir, on se dit que c’est peut-être un moyen qu’a trouvé Onfray de faire un livre de plus de cinq cents pages par an. En y réfléchissant mieux, on se dit que c’est une manière d’atteindre l’exhaustivité. Mais cette entreprise de vouloir tout dire, tout décrire, se révèle vaine. Le philosophe ne réussit qu’à se faire le compilateur d’une histoire, et non de l’Histoire. On croyait lire un philosophe, on se retrouve face à un gloseur. Il peine d’ailleurs à cacher le fait qu’il porte une réflexion sur le monde contemporain, plus que sur l’Histoire. Quand il affirme qu’Eusèbe de Césarée s’inscrit dans « une longue tradition de vilénies des philosophes mangeant dans la main des puissants », Onfray renvoie moins à l’histoire qu’à la période contemporaine. Pas très sérieux.

« Pinaillage »

La désinvolture dont il fait preuve au sujet de questions philosophiques importantes laisse parfois le lecteur pantois. Comment, en effet, s’affirmer philosophe de l’histoire et résumer la question de la Trinité sous l’expression de « pinaillage théologique » ? Dieu et Jésus sont-ils intrinsèquement la même personne, ou l’un précède-t-il l’autre ? « Pinaillage ». Le néo-décadentiste préfère gloser sur les menstruations de la philosophe antique Hypatie. Soit.

A force de vouloir faire de la philosophie autrement, il en vient à ne plus faire de philosophie du tout. Il lui faut deux cents pages pour affirmer que les peintures représentant Jésus sont « des projections culturelles et mythologiques de l’artiste ». Il lui faut cent pages de plus pour affirmer que l’Inquisition ne s’appuyait pas vraiment sur l’amour du prochain. A force de trop enfoncer les portes ouvertes, le château ontologique souffre de courants d’air.

De la difficulté d’être historien

En jugeant l’histoire avec des outils d’analyses modernes, Onfray peut-il s’envisager sérieusement comme un philosophe de l’histoire ? Tâche délicate que d’analyser le passé, car il faut penser des sociétés très éloignées culturellement et temporellement de nous avec des outils de réflexion contemporains. Onfray a factuellement raison lorsqu’il affirme que la Bible est « misogyne et phallocrate ». Mais il oublie de recontextualiser l’écriture du livre sacré. Ce qu’il avait d’ailleurs très bien fait dans… son Traité d’athéologie.

Le panoptique dressé, impressionnant, se révèle trop ambitieux. Il ne faut pas se méprendre sur Onfray : celui-ci théorise bel et bien la fin de l’Occident judéo-chrétien (ce qui reste discutable), mais ne se pose pas en réactionnaire. Pour lui, la fin des civilisations est inéluctable. Il se trouve que notre génération est là au mauvais endroit au mauvais moment. 650 pages pour un ersatz de Traité d’athéologie sous hormones déterministes. Oubliable, donc.

Décadence, Flammarion, 650p., 22,90€

Le club de lecture : un réseau social ?

– Par Mia Sebaaly et Clémentine Kœnig

Alors que les Français lisent de moins en moins de romans, paradoxalement, les clubs de lecture connaissent toujours un certain succès. Enquête sur ce phénomène qui renforce les liens sociaux par la culture.

Mots et merveilles

« Moi, je viens prendre mes vitamines ! » Liliane, 80 ans, ne retarait ce rendez-vous pour rien au monde. A la bibliothèque Vaclav Havel, nouveau repaire des amateurs de livres, le club de lecture « Des Coups et des Caresses » se réunit tous les mois.  Le 16 janvier 2016, la réunion est consacrée aux coups de cœur des huit participants et des deux animateurs. Autour d’un petit déjeuner, chacun présente un ou plusieurs ouvrages lus au cours des semaines précédentes. Lorsque le sujet s’y prête, la discussion s’engage et tous sont libres de donner leur avis. Mais cela ne se limite pas à la littérature. On extrapole. On se donne des nouvelles. Tout le monde se tutoie. Les livres  sont donc un prétexte à l’échange et à la convivialité.

Les fidèles de ces clubs ne veulent pas seulement lire. Ils sont là pour se retrouver entre amis, partager un moment agréable où on prend le temps de réfléchir avant de s’exprimer, et où l’on apprend à écouter les autres. Le débat n’est d’ailleurs jamais loin. Comme en témoigne Coline : “le mois dernier, quand on a commencé à parler des migrants…” Mais les mots “amical”, “découverte”, “passion” et “échange” reviennent lorsque l’on demande au petit groupe pourquoi il aime tant son club. De plus, la garantie d’un rendez-vous mensuel apporte un côté “rituel” que les membres semblent apprécier. « En deux ans, je n’en ai raté qu’un seul », affirme Sylvie.

D’après l’étude d’Olivier Donnat, « Les pratiques culturelles des Français », depuis plusieurs années, le nombre de lecteurs ne cesse de diminuer. Ainsi, en 2008, 57% des Français déclaraient avoir lu moins de quatre livres au cours de l’année contre 49% en 1997. Toutefois, de nombreux groupes de lectures se réunissent régulièrement ; en témoignent les dizaines de pages internet dédiées. Il semble alors que les lecteurs ont besoin d’échanger autour de leur expérience.

Au bonheur des lettres

Bibliothèques, cafés littéraires, librairies, universités… les clubs de lecture n’ont jamais été si populaires.  Claire, 32 ans, mère deux enfants en bas âge, a fondé un groupe de lecture avec quatre anciens camarades de prépa. Malgré leurs vies très actives, ils se réunissent chaque mois en ayant tous lu le même livre. “Cela nous permet de parler d’autre chose que de bébés !

Caroline, une jeune bibliothécaire qui anime le club de Vaclav Havel dans le 18ème arrondissement, nous donne sa version des faits : “Dans certaines bibliothèques, ce sont les  bibliothécaires qui lisent des textes aux participants. Il y a moins le côté “échange” qu’il peut y avoir ici. » Pour une bibliothèque, créer une club de lecture est un moyen facile de tisser du lien avec les gens du quartier, pour faire vivre la communauté. D’où le fait que quelques librairies proposent également ce genre de réunion, comme la librairie L’escale ou celle d’Odessa (14e).

Enfin, certaines universités parisiennes offrent elles aussi cette opportunité : à la Sorbonne, on peut par exemple rejoindre le joliment nommé club des “Paroles”. Dimanche 31 janvier, l’association étudiante organisait une “sieste littéraire” à la Maison de la Poésie afin de recruter de nouveaux membres. Bref, il y a à Paris tout ce qu’il faut pour combler de joie un bibliophile !

La lecture, activité solitaire, se transforme en expérience communautaire. Comme l’a dit Alain Finkielkraut, « lire n’est pas un acte de consommation culturelle, c’est une conversation. »